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Les
manuscrits de Madame Bovary ont été confiés en 1914 à
la Bibliothèque municipale de Rouen par la nièce de Gustave
Flaubert.
En 2003, la bibliothèque les a
numérisés
en images de très haute définition et le Centre Flaubert de
l’université de Rouen a assuré l'organisation de leur
transcription.
L’ensemble sera consultable sur Internet dans deux sites conçus pour répondre aux différentes attentes des visiteurs.
Sur le Site Bovary - qui n’est pas encore ouvert - se trouveront les manuscrits avec leur transcription, qu’on pourra afficher séparément ou simultanément dans plusieurs modes de navigation : selon l’ordre de la narration, selon le classement génétique des manuscrits, ou dans l’ordre matériel de foliotage. On pourra aussi feuilleter les illustrations de deux éditions de Madame Bovary.
L’Atelier Bovary - déjà en ligne - ne contient pas les images des manuscrits, mais regroupe tous les outils nécessaires à la recherche et des dossiers plus « littéraires » sur les normandismes, les voix narratives, les notes de régie, l’index des noms propres, la cartographie. Son ergonomie simplifiée le destine plutôt aux étudiants en lettres et aux lycéens.
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L’écriture
de Flaubert ne serait pas très difficile à lire s’il ne
s’acharnait sur son texte. Il fait un premier jet qu’il
corrige minutieusement : il barre certains mots,
biffe des passages entiers, bourre ses interlignes de corrections,
fait des ajouts dans la marge, soumet le texte à l’épreuve du gueuloir.
Il recopie alors ce texte ainsi remanié sur une nouvelle page,
barre la précédente d’une grande croix de Saint-André, et
retravaille selon le même processus. On peut avoir ainsi une
dizaine de folios reprenant les mêmes expressions jusqu’à l’état
final. Les rencontres d’Emma et Rodolphe dans la hutte (II,
chap. 9) se développent sur 52 brouillons.
La
difficulté et l'ampleur de la tâche – il y avait 4 546 folios
à transcrire – ont nécessité des appels
au bénévolat. Cent
trente transcripteurs y ont répondu. Si l'on ajoute les
élèves des 17 classes de seconde travaillant sous la direction de
leur professeur, on peut estimer à six cent le nombre de ceux qui
ont participé au projet.
Ils ont de 16 à 76 ans et habitent en France métropolitaine, mais aussi en
Argentine, Autriche, Belgique, Colombie, Ghana, Grande-Bretagne,
Hongrie, Italie, Japon, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, Polynésie
française, Portugal, Suisse, Thaïlande, USA.
Leurs activités sont très diverses : chercheurs spécialistes
de Flaubert, étudiants, lycéens, radiologue, prospecteur de pétrole, historien
d’art, professeur de physique, bibliothécaire, psychiatre, éditeur,
libraire, femme de ménage, traducteur, documentaliste dans un
service de travailleurs sociaux, musicologue, etc.
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