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Pour
vérifier l'existence d'un mot peu lisible,
comprendre le sens d'une expression vieillie, repérer un normandisme,
les dictionnaires sont des auxiliaires précieux. L'internet
en propose des centaines, des plus généralistes
aux plus spécialisés.
Au
premier rang de tous, le
Trésor de la langue française permet des contrôles rigoureux.
Grâce à ses nombreuses citations,
il valide parfois certaines hypothèses de lecture en montrant que Flaubert utilisait tel ou tel mot, dans la même acception. Les
noms propres sont difficiles à déchiffrer avec
certitude.
Pour les
toponymes, on
peut interroger les sites dédiés à la
généalogie qui répertorient les communes et les paroisses
dont certaines sont aujourd'hui disparues, ou consulter
les cartes extrêmement précises de Cassini.
Quand il crée des noms, Flaubert se sert des toponymes de Seine- Inférieure, les décompose et recompose pour donner à sa
fiction l’apparence d’une réalité bien normande. Pour
distinguer les lieux réels des lieux fictifs, les
sites qui calculent les itinéraires sont utiles : on y
vérifie par exemple que Belmesnil
est bien un lieu que Charles peut atteindre depuis Tostes lors de ses
consultations, mais que Barneville "près d'Aumale" est
un lieu fictif. |
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Le plus agaçant
pour le transcripteur, ce sont les mots bien écrits, à peu près
lisibles mais dont on ne saisit ni le sens, ni la raison d'être
dans le manuscrit. Pourquoi « ta
cavale isabelle » en marge d’un après-midi
d’amour à Rouen ? Pourquoi « battre
l’eau » ? Que fait Homais « en
riochant » ?
Une requête dans
Google conduit à explorer plusieurs dictionnaires et sites
dédiés à une œuvre ou un auteur.
On découvre ainsi un poème de Musset, ou la dure
condition des serfs au moyen âge, ou un des normandismes,
presque toujours supprimés par Flaubert.
On
trouve parfois l’image des objets cités, telles ces statuettes
en réduction de la Vénus de Médicis et de
l’Apollon du Belvédère dont on comprend mieux alors la présence
dans la vitrine du coiffeur chez qui Emma va faire lisser ses
bandeaux au sortir de l’hôtel de Bourgogne.
Pour les noms
d’auteurs et d’œuvres, il y a presque toujours dans les
profondeurs de Google l’article d’un érudit, spécialiste
d'Abraham -Hyacinthe Anquetil ou de "l'illustre
Cadet de Gassicourt" qui vient
confirmer la justesse du déchiffrement... et la malice de
Flaubert qui met en lumière avec ces auteurs de seconde zone
l’inculture de Charles ou le pédantisme d’Homais.
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