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Les
incessantes retouches de Flaubert sur ses brouillons font que, même
pour un spécialiste, il faut compter de trois à dix heures pour
déchiffrer et saisir selon les codes appropriés un seul folio du
manuscrit. Or il y en a plus de 4500 !
Aucun chercheur ne peut faire cela tout seul. Une vie n’y
suffirait pas. Et où trouver l’institution capable de former
une équipe de transcripteurs spécialisés et de financer ces
milliers d’heures de travail ?
Sans le bénévolat, sans les appels lancés
sur les listes de diffusion et relayés par la
presse et dans les revues
pédagogiques spécialisées, rien n’était
donc possible.
Ce recours à la réalisation
collective, outre l'organisation qu'elle a nécessitée, a eu deux
conséquences : |
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L'envers
du décor : les codes HTML
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L’une
est purement technique et découle précisément de la multiplicité
des intervenants. Sous une apparence uniforme, les fichiers – côté
code – sont très différents. Selon les logiciels utilisés, la
maîtrise des scripteurs dans le traitement de texte, le pays
d’origine, etc., on peut arriver à 1124 lignes de code pour un
folio original qui n’en compte que cinquante !
Heureusement, nous avons pu y remédier.
La simplicité et le nombre restreint des codes choisis au départ
ont permis d'uniformiser tous les folios et d’obtenir des
fichiers HTML normalisés et débarrassés des innombrables
balises de Microsoft en les passant dans une « moulinette »
conçue par l’informaticien Jean-Eudes Trouslard. Ainsi « purifiés », ils pourront ultérieurement être encodés
en XML.
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La
validité scientifique des transcriptions
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L’autre
question qui se pose, c’est la validité scientifique de ces
documents établis par des "non-spécialistes" .
Notons
d'abord qu'on ne naît pas spécialiste, on le devient.
Notons aussi que l’enthousiasme et la passion n'empêchent en
rien l'exigence de rigueur.
♦ Nous nous sommes appuyés sur les travaux scientifiques antérieurs
: le classement génétique de Marie
Durel (déjà cité), la transcription des
comices agricoles par Jeanne Goldin en 1984 ou de la soirée à l'opéra par
Matthew MacNamara en 2003.
♦
Les transcripteurs n'ont pas été laissés seuls face à leurs
problèmes.
Nous leur avons donné des consignes précises et signalé les
outils de référence présents sur le net.
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La mise en service du moteur de
recherche, au cours des
relectures, a permis de s’assurer, quand un mot paraissait
incertain, que Flaubert l’employait bien ailleurs dans Madame
Bovary, et avec la même acception.
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Un dialogue s'est instauré ; il y a eu plusieurs milliers de
messages échangés pour proposer une lecture de certains mots
illisibles ou corriger des erreurs. Des chercheurs renommés pour
leurs études flaubertiennes se sont chargés de quelques séquences
ou nous ont écrit pour signaler des erreurs de lecture en nous
montrant comment corriger.
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Les folios ont été relus par six transcripteurs chevronnés qui
ont acquis au fil du temps une parfaite connaissance de l'écriture
de Flaubert entre 1851 et 1856. Nous avons conscience que sur les centaines de milliers de
mots qui composent le corpus, il y aura bien des retouches à
faire ! Mais cette édition électronique n'est pas figée. Nous la considérons
comme une oeuvre en devenir qui se modifiera encore selon les
trouvailles des lecteurs.
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L'aide
de l'internet
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