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Journaliste
dans un quotidien régional depuis 28 ans, je viens
d’interrompre mon contrat avec mon employeur et suis demandeur
d’emploi.
C’est en lisant Libération,
en mars 2005, que j’ai découvert l’entreprise de la
Bibliothèque de Rouen. Flaubertien à la lettre, je n’ai pas
hésité une seconde à proposer mes services, assez émoustillé
par l’idée de me mettre dans la peau de Bouvard ou de Pécuchet
et de copier les « sottises » - dans la mesure où
la consigne est de transcrire tels quels les lapsus, fautes
d’orthographe et ratures - écrites de la main du maître. Des
erreurs bien pardonnables quand on sait la somme de travail que
Flaubert abattait chaque jour. Pour Madame
Bovary, il travaillait de 13h à 1h sauf de six à huit (où
il mange, fume et crache dans le feu).
Je considère Gustave Flaubert comme un vieil et très cher ami.
Cette indéfectible amitié a pris forme à la lecture de sa
correspondance (Ed. La Pléiade) et j’en remercie Jean
Bruneau, maître d’oeuvre de ce travail colossal. J’ai dévoré
ces quelque 5000 pages au fil des parutions (1973, 1980, 1991,
1998). J’attends le cinquième tome avec impatience. Cette
entrée épistolaire m’a permis de lire ou relire l’œuvre
romanesque de Flaubert avec d’autres yeux, de mieux la
comprendre et l’interpréter
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