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Qui
suis-je ?
Philippe
Professeur de français en lycée ; formateur ;
auteur, publié parfois, plus souvent « en ligne » ;
très engagé par l’informatique et ses répercussions dans
l’enseignement. Enseignant en lettres.
J’ai donc croisé mille fois Flaubert ! Il fait
partie « des études » puis, du métier. Et
pourtant… Tellement agaçant Flaubert !
Je n’ai jamais aimé madame Bovary ! Ni Charles. Comme
elle, ils nous provoquent dans leurs attitudes si déterminées et
si révoltantes. Tout pourrait être si facile, si… : si
elle parlait un peu plus, s’il l’écoutait davantage. Si…
si…Chaque ligne agresse le lecteur naïf que je suis encore,
toujours. Et je voudrais tant les secouer, leur dire comment
faire !
Ah s’ils n’étaient pas l’un comme l’autre enfermés
dans des natures / cultures invivables ? S’ils n’étaient
pas condamnés par le seul fait de porter un nom que personne ne
veut / peut « habiter », un nom que Flaubert voue à
la malédiction !
Sûr, jamais je n’aurais pu appeler ma fille Emma !
Si… si… Et il n’y aurait plus CE Livre…
Je n’aime pas Emma, ni Charles : Emma c’est moi,
Charles c’est moi….
Je crois n’avoir découvert cette œuvre qu’en parcours de
lecture en lycée ; l’avoir longtemps boudée ; de
m’être obligé à la lire (culture et métier imposent !).
Page à page. Laborieusement. En proie à un réel mal-être ;
l’avoir abandonnée, puis, bien tardivement, y être revenu
pour le bonheur d’y lire une écriture que l’on me disait
sans faille ( ?).
Ai-je lu TOUT Madame
Bovary ? Il m’arrive encore de découvrir des
passages… Passages que j’ai oubliés ? ou rejetés ?
ou jamais vraiment lus ?
Je me suis engagé dans cette aventure folle de transcription du
manuscrit par curiosité (je n’avais jamais travaillé
sur des textes autographes) ; et par défi (l’envie de
s’y coller à cette œuvre, si imposante cette œuvre !) ;
et puis entrer dans l’intimité de Floflo (être dans ses hésitations,
ses repentirs, ses autocensures… ses failles. Enfin !) ;
et puis rendre l’Internet intelligent pour qu’il nous le
rende au centuple (un projet passionnant et fédérateur, que
j’apprécie de partager modestement avec cette importante équipe
de savant(e)s inconnu(e)s… On se rencontrera peut-être un
jour ? …ou jamais ! Merci à vous.).
Un projet dans la démesure : merci à toi Flaubert.
Immense Flaubert !
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