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Il
suffit de voir la diversité des transcripteurs qui ont participé
à ce projet monumental (transcrire les 4549 pages du manuscrit
de Madame Bovary !)
pour se rendre compte que le renom de Flaubert dépasse
largement les frontières de notre pays.
J’ai découvert Flaubert en lisant Madame
Bovary, mais c’est la lecture de L’Éducation
sentimentale ainsi que celle de la Correspondance
qui m’ont déterminé à consacrer mes travaux universitaires
au romancier normand.
Ayant une passion pour la littérature de langue anglaise,
j’ai promptement remarqué l’influence considérable qu’a
exercée Flaubert sur les écrivains anglo-saxons. De Henry
James (pour qui Flaubert incarne « the novelist’s
novelist », le romancier des romanciers) à Julian Barnes
(Flaubert’s Parrot)
en passant par Joseph Conrad (« Flaubert is the author I
admired and revered most ») et James Joyce (dont la prose
est, selon Ezra Pound, « the nearest thing to Flaubertian
prose that we have now in English »), rares sont les
grands romanciers anglo-saxons qui n’ont pas reconnu leurs
dettes envers l’ermite de Croisset.
Étant moi-même un admirateur de Flaubert, j’ai choisi de
consacrer ma thèse au plus grand admirateur de l’écrivain
normand : Joseph Conrad. Ce dernier semble être du même
avis que Victor Hugo (« Il y a dans l’admiration on ne
sait quoi de fortifiant qui dignifie et grandit l’intelligence »,
Post-Scriptum de ma vie)
puisque, dans une lettre à Hugh Walpole, il écrit :
« One can learn something from Balzac, but what could one
learn from Flaubert ? He
compels admiration, — about the greatest service one artist
can render to another. »
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