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Isabelle
Lasfargue-Galvez, 39 ans, professeur de lettres classiques en
classes préparatoires au lycée Henri Poincaré de Nancy.
Première rencontre avec Madame Bovary : j'ai 14 ans, je
lis ce gros bouquin pendant les vacances ; j'aime, comme une
jeune fille fleur bleue ; j'y vois une triste histoire d'amours
déçues !
Deuxième
rencontre : j'ai 18 ans, je suis en khâgne. Avec mon professeur
de lettres au lycée Condorcet à Paris (Catherine Goillandeau),
c'est une révélation : "le livre sur rien", "le
style", "l'ironie". C'est certainement le livre
qui m'a définitivement convaincue de devenir professeur de
lettres.
Rencontres
suivantes : je suis face à des élèves, des premières
d'abord, puis des hypokhâgneux. J'aborde le texte avec toujours
autant de plaisir ; c'est une redécouverte à chaque fois. Je
varie les extraits. Je compare avec le film de Chabrol. Mon
passage préféré : "Il arriva un jour vers trois
heures..." (I, 3).
Cette
année 2005-2006, mes hypokhâgneux ont participé, par groupe
de deux ou trois, au déchiffrage des folios. Ils étaient au départ
un peu affolés, déroutés. Mais ils ont découvert, grâce aux
transcriptions et grâce à Flaubert, ce qu'"écrire"
peut signifier : un pensum ? non, un bonheur ... pour le lecteur
!
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