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La
première fois que j'ai rencontré Emma Bovary, c'était en
1983, j'avais déjà trente-trois ans et nos rendez-vous ne
duraient que quinze ou vingt minutes, le temps du trajet en bus
jusqu'à la fac, où je suivais les cours de CAPES. Pendant
trois mois. Non un fiacre mais un bus. Une lecture volée au
temps. Depuis, j'ai retrouvé souvent Emma sur des sofas plus
confortables. Notre couple tient.
Il
y a deux ans, jour pour jour, mes élèves de première L ont
"gueulé" chacun un folio de cette séquence devant l'encrier-grenouille dans le pavillon de Croisset. Conseillés
par Danielle. N'en doutons pas, Gustave écoutait. Même s'il
n'apprécie sans doute pas beaucoup notre travail sur les épluchures.
Mais
sans lui, on saurait moins bien sculpter notre langue. Lui,
parvenait à jouer avec, il la modelait, elle lui obéissait, au
fil des va-et-vient de sa plume d'oie, rechargée à chaque fois
que l'encre est foncée, presque vide quand nous peinons sur des
traces plus claires.
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