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J’ai
longtemps été professeur de lettres en lycée, ce qui m’a
permis d’étudier Madame Bovary – avec des succès
divers – à Alger, Beyrouth et Rouen. J’habite à présent
à Canteleu, tout près de Croisset, à cent mètres de l’église
où ont eu lieu les obsèques de Flaubert.
Autant dire que je suis la voisine des parents de Bel-Ami et du
curé de Canteleu qui interdisait à ses paroissiennes de lire
ces romans immoraux. À la boulangerie je rencontre parfois le
sosie de Gustave, qui ne comprend pas pourquoi je ris en le
voyant…
À la mairie, la salle des mariages abrite ce qui reste de la
bibliothèque personnelle de Flaubert. J’ai pu y consulter ses
livres d’enfant, son édition de Chateaubriand, son exemplaire
de Paul et Virginie dont il est tant question dans les
lectures d’enfance d’Emma.
J’ai rencontré Yvan Leclerc lors d’un colloque à Rouen sur
l’internet littéraire. Je venais présenter un des sites que
j’ai réalisés avec
mes élèves, ou pour eux (le Romantisme, Ruy Blas,
Delacroix vu par Baudelaire, Hugo et la peine de mort, etc.).
Depuis, je me consacre à Flaubert.
La mise en ligne de sa correspondance dans l’édition Conard
m’a permis d’avoir une connaissance plus intime de l'homme.
Mais la plus belle aventure, c’est cette folle entreprise des
transcriptions des brouillons dans laquelle je suis plongée
depuis octobre 2003 et pour longtemps peut-être !
Aventure littéraire, bien sûr.
Aventure humaine aussi, faite de relations privilégiées.
Avec Pierre-Yves Cachard qui oeuvre à la Bibliothèque de Rouen
pour la mise en place du site où les manuscrits apparaîtront
à côté de leurs transcriptions.
Avec Yvan Leclerc qui m’épaule dans cette tâche immense.
Avec chacun des transcripteurs dont j’admire chaque jour la générosité,
la ténacité, la rigueur, l’acuité du regard qui perce sous
les ratures les mystères de ces invraisemblables pattes de
mouche.
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