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Je
suis tombée dans le chaudron magique de Flaubert, dès ma plus
tendre enfance !
Ma grand mère et ma mère étaient institutrices et la lecture
est une activité qui s'est toujours transmise de mère à
fille. Le soir, ma mère me lisait des passages de l'évangile
et de Madame Bovary. Inutile de vous dire que les mésaventures
d'Emma m'intéressaient plus que les péripéties des apôtres !
J'ai grandi ; ma pensée a évolué. J'ai abandonné les
lectures religieuses mais j'ai gardé la passion pour Flaubert !
Professeur de
lettres en collège puis en lycée, je n'ai jamais raté une
occasion pour tenter de transmettre mon goût pour cet auteur.
Avec les petits de 6ème, je prenais plaisir à leur lire des
extraits de Madame Bovary ou de L'éducation
sentimentale. Je tenais à ce que ces personnages deviennent
des "amis" et qu'ils participent à la vie quotidienne
de mes collégiens. J'ai agi de la même façon avec les lycéens
en insistant sur le travail de l'écrivain.
Avec des collègues,
nous avons formé un groupe de réflexion sur l'exercice :
l'écriture d'invention. J'ai été responsable du chapitre
concernant le travail de l'écrivain et bien sûr, j’ai insisté
sur celui de Flaubert ; cet ouvrage a été publié en
septembre 2005. Depuis deux ans, je suis inscrite en thèse, et
je travaille sur « l'image et la représentation de
Flaubert dans les manuels scolaires de 1900 à nos jours ».
Grâce à la
transcription des manuscrits de Madame Bovary, j’ai été
heureuse de trouver un nouveau moyen de rencontrer Flaubert.
Cet auteur m'a toujours
touchée au plus profond de mon coeur ; Madame Bovary
et les correspondances avec Louise Colet m'accompagnent
quotidiennement.
Ce que je recherche
particulièrement dans son écriture, c'est l'homme qui est là,
caché derrière les mots. Flaubert
a ce pouvoir magique de faire resurgir des émotions enfouies
que je ressentais petite, lorsque ma mère me lisait des
passages de Madame Bovary.
Il réussit également à
faire revivre ces " voix chères qui se sont tues ".
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