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Au
lycée, je m’étais juré de ne jamais lire Madame
Bovary parce qu’il était le livre de chevet proclamé
d’un professeur de français dont l’enseignement me
paraissait détestable ; à cause de quoi je me fis mettre
à la porte.
Plus tard, j’ai lu avec fascination La
tentation de saint Antoine dans une édition de poche préfacée
par Michel Foucault, puis Salammbô,
L’éducation
sentimentale, Les trois contes, et enfin Bouvard
et Pécuchet qui, d’une certaine façon, me ramenaient à
mon point de départ, une vraie fascination de cette écriture
pour et par l’écrit, sans ébranler en rien cependant ma décision
imbécile : butée et têtue de ne jamais lire Me
B.
Il
aura fallu la force de conviction passionnée d’un ami, devenu
alors le plus cher, pour m’initier à sa lecture. Cet ami est
mort aujourd’hui, et c’est pour lui rendre hommage et
prolonger nos rapports bouvardetpécuchétiens
que je participe à cette aventure enthousiasmante de la
transcription des brouillons.
Je
vis et travaille à Saint-Étienne, où j’enseigne le Volume
et la Culture Générale à l’Ecole des Beaux-Arts.
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