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Je
m’appelle Emmanuelle Arrighi-Roux et j’aurai 34 ans dans
quelques jours. Originaire de Corse, je vis actuellement dans
la Drôme. Je
suis professeur de français à la cité scolaire Chabrillan, à
Montélimar. J’ai deux filles de neuf et trois ans, et
j’attends un heureux événement pour le début de l’année
prochaine.
C’est
sur une liste d’échanges entre professeurs de français que
j’ai appris que l’on recherchait des transcripteurs pour le
manuscrit Madame Bovary.
J’ai répondu tout de suite tant ce travail de transcription
me semblait intéressant et enrichissant. Je dois quand même
avouer que j’ai eu peur, peur de mettre trop de temps, peur de
faire trop d’erreurs… et parfois peur de ne pas y arriver.
Les moments de découragement ont quand même été rares, et
ils étaient le plus souvent dus à ma mauvaise maîtrise de
l’outil informatique. Cela m’a servi de prétexte pour
m’acheter un ordinateur portable !
Monsieur
Flaubert est devenu un intime, et tout le monde a vite compris
ce que je voulais dire quand j’annonçais que « j’allais
passer un moment avec Gustave ». Mes élèves de Seconde,
avec lesquels j’ai bien entendu étudié Madame
Bovary, s’intéressaient à l’avancée de la
transcription et ont bien compris la nécessité du travail
du brouillon, en voyant dans leur manuel un extrait du
manuscrit, tout raturé.
En
résumé, j’ai vécu une aventure passionnante, pendant
laquelle j’ai transcrit les seuls moments où notre pauvre
monsieur Bovary est heureux, tout en me disant « pauvre
homme, s’il savait… ».
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